10 décembre 2008
Dire "au revoir"... à la BéaPierre
Dire au revoir à ceux qu'on aime.
Ce n'est pas facile... pas facile;
S'éclipser comme si de rien n'était, impossible, impossible;
dire « merci » à ceux qui nous ont accueillis, c'est si peu, c'est si peu;
Oublier un moment le départ, surfer sur ce moment un peu magique de l'arrêt sur image..Voilà une photo de Pierre, mon Pierre, mais aussi celui d'AL, d'HD, de SyM, et de toutes les petites abeilles autour de lui, Mina, Sandra, the Carrots' family

elle est un peu floue, mais je l'aime beaucoup... Comme lui vous a beaucoup aimées... mais c'est un passé qui rime avec son présent, et son pésent est plein d'avenir !
J'emporte avec moi mes souvenirs, je vous laisse ce cliché un peu raté mais tellement Lui.
Dans « au revoir » il y a – se revoir...
Pierre a réussi à nous parler avec ses yeux – et c'est déjà beaucoup ; car vous avez toutes appris à causer son langage du regard. Et avec son regard, oui, Pierrot, c'est bien la porte de son âme qu'il a ouverte... enfin !
Merci
Pour Pierre
mais aussi pour Antoine Marie Laurent et Béatrice...
04 décembre 2008
c'était le temps où je n'étais que maman de jumeaux
Retour sur expérience : les humeurs d'une mère de jumeaux...
Mars 2001
Ils sont là, babillant devant leurs parents éberlués. Ils ont quelques jours. Antoine et Marie sont les deux plus belles crevettes du monde. Si on les pèse ensemble, c'est presque le poids d'un Gambas géant : 5kg 800. Ils sont les plus beaux bébés du monde parce que ce sont les nôtres, un point c'est tout. Avec l'œil embué d'une maman en extase (mais néanmoins exténuée) je devine déjà tout ce que nous allons partager ensemble. La suite ne manquera pas de me montrer que je ne me doute pas une seule seconde du tiers de nos aventures...
Septembre 2002
Antoine et Marie ont eu un an et demi hier. Il y a déjà tant de choses à raconter qu'il faudrait écrire un journal, un livre, un dictionnaire, une encyclopédie...
Ils sont les deux plus chouettes enfants de l'univers, comme les vôtres et comme tous les jumeaux, tous les enfants tout court. Mais, en plus : ce sont les miens (oui, je sais, je me répète) Bon d'accord, ce sont aussi ceux de leur papa. Le plus chouette des papas du monde. Bref, vous l'aurez compris : nous sommes zheureux...
Rapidement, je m'aperçois qu'un mot devient récurrent avec l'arrivée de jumeaux dans une famille. Lorsque l'on parle de nos enfants twins surgit toujours au bout d'un certain temps le mot : « mais »
Exemples vécus bien entendu :
-Oh, c'est super des jumeaux, mais... chez les autres c'est mieux (remarque la plus classique)
-Ahhhh, un garçon et une fille... mais alors ? Ce sont des vrais ou des faux jumeaux (ignorance courante)
-Des jumeaux, c'est merveilleux, mais alors quel boulot !!! Quelle horreur non ?
-Mais comment ça, vous travaillez ? Mais comment faîtes-vous ? (sous entendu : quelqu'un vous aide à la maison, on vous donne pleins de sous qui tombent du ciel, la Caf, la Mairie, la sécu... pourquoi pas le secours pop' ?)
-Mais comment ça, vous ne pouvez pas monter voir le pédiatre au premier étage avec votre poussette-landau-double ? (NB : il n'y a pas d'ascenseur)
Le nombre de « mais » dans le langage de la maman de jumeaux croît exponentiellement avec les temps qui passe et l progression de deux courbes de croissance à surveiller en même temps; Assez rapidement, on en vient à « Marie, je veux bien que tu joues avec tes jouets à toi, mais pas avec le fer à repasser de maman... ce n'est pas possible »
La version pour le jumeau numéro 2 (puisque désormais pour la sécu et l'état civil les jumeaux ont un numéro) est « Antoine il est vrai que je t'avais autorisé à utiliser la télécommande, mais cela ne voulait pas dire que tu avais le droit de la mettre en pièces et de grignoter les piles. » La télécommande depuis, a rendu l'âme, mais Antoine a survécu !
Il y a donc le « mais » et le « ce n'est pas possible » doublé du « tu n'as pas le droit »... Ça, c'est au début. Avec le temps, les dents qui poussent, la maman et le papa en viennent rapidement (question de survie psychique) au « non » tout court : comprenez, « point barre, c'est comme ça pas autrement, il n'y a rien à négocier... tout ça dans un seul mot magique et en plus très court)
Oui, c'est vrai, on avait tout lu, tout vu, tout su (la grossesse allongée nous en avait laissé le temps)sur l'autorité et l'importance de l'Explication du pourquoi du comment. On a admis que l'enfant comprenait. Le seul problème, c'est que les livres ne nous disent pas que les enfants ont compris que l'on avait compris... Là commence le jeu préféré des jumeaux : répétition écholalique et imitation miroir jusqu'à plus soif. Ils se marrent. Ils se regardent et ils se marrent. Alors, quoi faire ? Le mieux, peut-être : se marrer de concert...
Soyons honnêtes, on ne se ballonnent pas tous les jours..; MAIS alors, vraiment pas. Il y a même des jours où on se marre pas dut tout, mais alors pas du tout du tout....
je n'évoque pas ici les RGO, les matelas proclives, les médicaments qu'ils ne veulent pas avaler, les microbes qu'ils se filent, se refilent, se partagent, s'offrent -
Au début en fait, c'est la nuit que l'on n'a pas envie de rire...
Et puis les dents de lait tombées en partie, le langage bizarre qui entre dans la maison avec l'entrée au Cp, les prises de bec inter et intra jumeaux...
allez, ça c'est pour une prochaine fois !
La garçonnière du pompier qui s'ignore
En fait, pour tout vous dire... Pierre il déménage déjà depuis plusieurs mois.
Dans sa chambre, il y a un placard mural - vous savez le truc qui est incrusté dans le mur avec dedans des étagères, en bois, enfin... en aggloméré de bois, ouais, et encore, je sais pas de quel bois d'arbre c'était mais il y a quand même des échardes dedans, ça plie mais ça rompt pas - mais c'est pas du roseau - bref, comme dirait mon frère (c'est de la M..., voilà c'est tout)
Pierre il adore y habiter.
C'est sa maison dans sa chambre dans la maison, mais là, du coup, ça devient un meuble à étages ou bien encore un "immeuble à étagères" qui plient mais ne rompent pas.
Donc du coup, pour sa sécurité, puisqu'il utilisait TOUT pour se hisser à hauteur des étagères, monter dedans, s'installer, et même (dernièrement) refermer la porte coulissante derrière lui.
Cela donne qu'on a ôté tout ce sur quoi il pouvait se hisser - même des choses très inattendues comme un xylophone par exemple : oui, un xylophone peut devenir un escalier !
Donc, normalement je rentre dans la chambre où habituellement je ne trouve que trois choses ; un lit, un placard et un petit garçon (je n'évoque pas ici les jouets, la plupart en mousse, vous avez un tout petit peu compris déjà...)
Les jours où il part habiter son immeuble à étage, c'est plutôt (coup au coeur la première fois) j'ouvre la porte de la chambre, je vois le lit, le lit est toujours là, pas bougé le lit ; je vois un placard, normal le placard, porte entrouverte certes, mais little P passe des heures à faire glisser l'immense porte sur sa glissière, il en apprécie le grincement très particulier et très désagréable genre Bartock (je hais la musique contemporaine) et ce jour-là du squat de meuble sans bail : pas d'enfant dans la pièce.
Un lit, un placard, c'est tout. Et moi au milieu de ce pas grand chose avec un infarctus au bord des lèvres (oui, je connais mon anatomie - je sais que le coeur ne se déplace pas aussi facilement)
Pierre il était à son deuxième étage, presqu'au balcon, affalé sur son étagère manquant rompre, à la romaine avec même une des deux jambes repliée alors que l'autre est allongée - à la romaine, ou à la Yvan. (private joke)
Il m'a souri.
Moi pas trop.
Parce que tout, intégralement tout, définitivement TOUT ce qui se trouvait sur ladite étagère, mais aussi sur celle du dessus - Qui a eu l'idée affreuse de ranger le Trivial Pursuit sur une étagère en hauteur chez Pierre ? (ah, oui, c'est moi)
Ben là, il était plus rangé le Trivial machin avec les camemberts et les cartes qui du coup faisaient moquette là... mais alors, plus rangé du tout ce jeu dont personne ne s'était servi depuis des lustres - j'ai jamais gagné au trivial Pursuit même en essayant de tricher avec celui qui pose les questions...)
De même la boite de Monopoly qui avait survécu tant bien que mal à une dizaine de déménagements, un tout petit peu déchirée, mâchée, piétinée pour accéder aux étages du dessus fort convoités. C'est là qu'il y a le plus de lumière... Les billets ??? quels billets : ah oui, les trucs là de toutes les couleurs qui jonchent le sol genre confettis de riches (j'ai toujours perdu au Monopoly - même en trichant tout en faisant la banque)
Et les vêtements, les couches disséminées aux douze coins de la pièce - si, si, je vous le dis, il y avait douze coins dans la pièce.
Pierre il aménage - déménage plusieurs fois par semaine.
Ses étagères sont vides dorénavant - son placard c'est sa garçonnière, son petit chez-lui rien qu'à lui - sauf que la semaine dernière son étagère préférée à cédé, et il l'a faite sa chute du premier étage au rez de chaussée, comme on voit dans les films avec descente aux enfers dans un ascenseur qui dévisse ou un avion Boeing 737 qui part en vrille et que les masques à oxygène tombent magiquement du plafond...
C'est pas l'étagère en bois tout bizarre qui a cédé, non, non. Les pitons qui la retenaient sur la crémaillère ont abdiqué.
Chute d'ascenseur sans ascenseur, boum. Mais Pierre il est fier, il a rien dit, pas un son, pas un bruit, pas un "mais c'est quoi ce matériel de m*** ?". Pierre est un homme mais sait rester en toutes circonstances, un parfait gentleman.
Pour finir j'ai quand même observé de l'extérieur de la pièce (par la fenêtre) la façon dont il s'y prenait (bon, allez me faites pas la morale sur le droit à l'image et même à l'intimité).
En fait Pierre est un pompier qui s'ignore. Il a acquis une expérience dans l'art de grimper à la seule force des bras jusqu'au point où le bassin peut monter puis il glisse une jambe sur le côté - comme on demande aux pompiers de Paris de faire tous les matins pour voir s'ils sont en forme.
Le test de la planche ça s'appelle je crois.
Pierre est un pompier de Paris - tous les jours il réussit son test, c'est un pompier bon pour le service.
